ROI / RSI : Définition, Calcul et Limites du Retour Sur Investissement
Le ROI est l’indicateur le plus cité et le moins bien construit du marketing. Tout le monde le réclame, peu de personnes savent sur quel modèle il repose. Le Return On Investment (ROI) se traduit en français par Retour Sur Investissement (RSI). Il rapporte le gain généré par une opération aux sommes engagées pour la mener. Sa formule tient en une ligne. Sa difficulté tient ailleurs : dans la capacité à modéliser ce que l’opération produit vraiment.
Nous pilotons chaque année des dizaines de projets CRM, Data et MarTech. Nous modélisons un ROI sur presque chacun d’eux. Cette page vous donne la définition, la formule et les limites du calcul du ROI. Elle vous montre ensuite comment nous nous en servons concrètement en mission.

Article mis à jour le 24 juillet 2026.
Qui sommes-nous ? Consultant Data & CRM, expert métier & MarTech, CustUp accompagne les organisations dans une meilleure exploitation des Données Clients au service de la Performance Client.
Ce qu'il faut retenir sur le Retour Sur Investissement
- Le ROI mesure le rapport entre ce qu’une opération rapporte et ce qu’elle coûte. Sa formule de base : Retour divisé par Investissement. Un ROI de 3 signifie qu’un euro engagé en a rapporté trois.
- La difficulté n’est jamais la formule, toujours le modèle. Avant de calculer, vous devez décider ce que vous mettez au numérateur (chiffre d’affaires ou marge), ce que vous mettez au dénominateur (coûts directs ou coût complet) puis sur quel horizon vous observez.
- Le niveau de détail du modèle doit suivre l’enjeu de la décision. Arbitrer entre deux canaux d’emailing ne demande pas la même rigueur qu’engager 400 000 euros dans une refonte de Système d’Information Clients.
- Le ROI ignore tout ce qui ne se chiffre pas. Satisfaction, image de marque, montée en compétence des équipes, réduction du risque : rien de tout cela n’entre dans le calcul. Un projet peut être utile et afficher un ROI médiocre.
- Un ROI qui ne sert pas à décider ne sert à rien. L’intérêt de l’exercice n’est pas de produire un chiffre pour un comité de direction. Il est de rendre explicites les hypothèses sur lesquelles repose votre projet.
Sommaire
- Qu’est-ce que le ROI (Return On Investment) ?
- Comment dit-on ROI en français ? Retour Sur Investissement et approche ROIste
- Comment calculer le ROI d’un projet : formule et exemple chiffré
- Comment interpréter un ROI : ce que le chiffre dit et ce qu’il tait
- ROI, ROAS, CAC, LTV : quel indicateur pour quelle question ?
- Les limites du Retour Sur Investissement
Notre pratique du ROI en mission :
- Modéliser avant de calculer : le ROI dépend d’abord du modèle
- Quel niveau de détail donner à votre modèle de ROI ?
- Comment nous construisons un modèle de ROI en mission
- Les six domaines d’application du ROI en Relation Clients
- Notre position : un ROI qui ne sert pas à décider ne sert à rien
- Ce qu’il faut retenir du calcul du ROI
- FAQ sur le Retour Sur Investissement
Qu'est-ce que le ROI (Return On Investment) ?
Le ROI, acronyme de Return On Investment, est un indicateur financier qui mesure le rapport entre le gain généré par une opération et les sommes investies pour la réaliser. Il répond à une question unique : cet argent engagé en a-t-il rapporté davantage ?
L’indicateur s’applique à tout ce qui se finance. Une campagne d’acquisition, un programme de fidélité, l’achat d’une licence logicielle, le recrutement d’une équipe, un projet de transformation. Dès lors que vous savez isoler un coût et un retour, le calcul devient possible.
Sa force tient à sa lisibilité. Le ROI ramène des situations hétérogènes à une grandeur unique et comparable. Vous pouvez mettre en regard le retour d’une campagne d’emailing et celui d’un déploiement CRM, alors que les deux n’ont rien à voir en nature, en volume ou en durée. C’est ce qui explique sa présence dans tous les comités d’investissement.
La notion est omniprésente en Marketing Relationnel, où elle permet d’évaluer la rentabilité des actions engagées auprès des clients et des prospects. Elle l’est tout autant dans les projets technologiques, où elle sert à trancher entre plusieurs scénarios d’outillage.
Comment dit-on ROI en français ? Retour Sur Investissement et approche ROIste
La traduction française de ROI est Retour Sur Investissement, abrégé en RSI. Comme souvent avec les acronymes du marketing, l’usage professionnel a conservé la forme anglaise. Vous entendrez « le ROI de la campagne » bien plus souvent que « son retour sur investissement ».
Plusieurs termes français gravitent autour de la même idée sans la recouvrir exactement :
- Le rendement désigne le rapport entre un résultat et les moyens qui l’ont produit. C’est la formulation la plus proche du ROI.
- Le taux de rendement exprime ce même rapport en pourcentage, sur une période donnée.
- La profitabilité renvoie à la capacité d’une activité à dégager un bénéfice, sans nécessairement rapporter ce bénéfice à un investissement identifié.
- La rentabilité est le terme le plus large. Il englobe le ROI mais aussi d’autres approches, comme le délai de récupération ou la valeur actuelle nette.
L’usage a également produit un adjectif : ROIste. Une approche ROIste consiste à subordonner les décisions à leur rentabilité mesurable. Le terme a longtemps eu une connotation flatteuse, celle du marketeur rigoureux qui rend des comptes. Il mérite d’être manié avec précaution. Une culture ROIste mal calibrée finit par écarter systématiquement tout ce qui produit de la valeur sans produire de chiffre immédiat.
Comment calculer le ROI d'un projet : formule et exemple chiffré
La formule de base du calcul du ROI est la suivante :
ROI = Retour / Investissement
Appliquée à une opération marketing, elle devient :
ROI = Marge générée par l’opération / Total des dépenses engagées
Prenons une campagne d’acquisition. Vous engagez 40 000 euros de budget média, de production créative et de temps interne. La campagne génère 190 000 euros de chiffre d’affaires. Avec un taux de marge de 45 %, la marge générée s’établit à 85 500 euros. Votre ROI est de 85 500 / 40 000, soit 2,14. Chaque euro investi en a rapporté un peu plus de deux en marge.
Une variante fréquente exprime le ROI en pourcentage, en isolant le gain net :
ROI (%) = (Retour – Investissement) / Investissement × 100
Sur le même exemple, le calcul donne (85 500 – 40 000) / 40 000 × 100, soit 114 %. Les deux écritures décrivent la même réalité. La première répond à « combien mon euro rapporte-t-il », la seconde à « quel surplus ai-je dégagé ». Retenez surtout qu’un ROI de 2,14 en ratio correspond à 114 % en pourcentage. Non à 214 %. La confusion est courante en réunion.
Un point mérite d’être posé dès maintenant. La formule fonctionne parfaitement quand vous savez remplir ses deux termes. Sur une campagne isolée avec un code promotionnel dédié, c’est le cas. Sur un projet CRM qui produit ses effets sur trois ans à travers une dizaine de cas d’usage, le numérateur devient un exercice de modélisation à part entière. Nous y reviendrons.

Comment interpréter un ROI : ce que le chiffre dit et ce qu'il tait
La lecture immédiate est binaire. Un ROI supérieur à 1 signale une opération qui a rapporté plus qu’elle n’a coûté. Un ROI inférieur à 1 signale l’inverse. En pourcentage, la ligne de partage se situe à zéro.
Cette lecture ne suffit jamais. Trois questions doivent accompagner tout ROI que l’on vous présente :
- Sur quel horizon a-t-il été calculé ? Un ROI mesuré à trois mois et un ROI mesuré à trois ans ne décrivent pas la même opération. Les projets structurants affichent presque toujours un ROI négatif sur leurs premiers mois.
- Qu’y a-t-il exactement au numérateur ? Du chiffre d’affaires ou de la marge ? Le chiffre d’affaires gonfle mécaniquement le résultat et donne une image flatteuse mais fausse de la rentabilité.
- Qu’y a-t-il exactement au dénominateur ? Le seul coût externe ou le coût complet incluant le temps de vos équipes ? Un ROI calculé sur le budget média seul ignore souvent la moitié de la dépense réelle.
Nous le constatons projet après projet : deux équipes qui calculent le ROI d’une même opération aboutissent à des résultats différents. Non par malhonnêteté, mais parce qu’elles n’ont pas retenu le même périmètre. C’est la raison pour laquelle nous consacrons toujours du temps à figer les conventions de calcul avant de produire le moindre chiffre.
ROI, ROAS, CAC, LTV : quel indicateur pour quelle question ?
Le ROI cohabite avec plusieurs indicateurs proches, souvent confondus. Chacun répond à une question distincte.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | La question à laquelle il répond |
|---|---|---|
| ROI | Le rapport entre la marge générée et les sommes engagées | Cette opération a-t-elle créé de la valeur ? |
| ROAS | Le chiffre d’affaires généré par euro de dépense publicitaire | Mon achat média est-il performant ? |
| CAC | Le coût moyen d’acquisition d’un nouveau client | Combien me coûte un client supplémentaire ? |
| LTV | La valeur générée par un client sur toute sa durée de vie | Combien me rapporte un client dans la durée ? |
| Payback | Le délai au terme duquel l’investissement est récupéré | Quand mon projet devient-il rentable ? |

La différence entre ROI et ROAS mérite un développement, car la confusion coûte cher. Le ROAS (Return On Ad Spent) se calcule ainsi :
ROAS = Chiffre d’affaires généré par la campagne / Dépenses publicitaires de cette campagne
Deux écarts le séparent du ROI. Il raisonne en chiffre d’affaires quand le ROI raisonne en marge. Il ne retient que la dépense média quand le ROI intègre l’ensemble des coûts. Conséquence directe : un ROAS de 4 peut parfaitement dissimuler un ROI inférieur à 1. C’est le cas classique d’une campagne performante en apparence sur un catalogue à faible marge. Les deux indicateurs se lisent ensemble ou ne se lisent pas.
Le couple CAC et LTV appelle la même remarque. Un CAC élevé n’a rien d’alarmant si la valeur vie client le justifie. C’est le rapport entre les deux qui porte l’information, pas leur valeur absolue.

Les limites du Retour Sur Investissement
Le calcul du ROI reste une formule générale, volontairement simple. Cette simplicité fait sa diffusion et fixe ses limites.
- Une vision de court terme. Le ROI mesure une période donnée. Il capte mal les bénéfices différés d’un investissement, alors que ce sont précisément les projets structurants qui produisent leurs effets dans la durée.
- Un potentiel évolutif ignoré. Un investissement peut apparaître non rentable dans l’immédiat et le devenir après une phase de maturation, une montée en compétence des équipes ou un élargissement du périmètre.
- Aucune prise en compte du risque. Deux projets affichant le même ROI attendu peuvent présenter des niveaux d’incertitude radicalement différents. La formule les traite à l’identique.
- L’impact qualitatif hors champ. La Fidélisation Client, l’image de marque, la fluidité des processus internes, l’engagement des équipes : rien de tout cela n’entre au numérateur. Ces retombées sont pourtant décisives.
- Une sous-estimation chronique des coûts indirects. Maintenance, formation, reprise de données, temps de coordination, montées de version. Ces postes échappent souvent au dénominateur et faussent le résultat vers le haut.
- Une attribution rarement démontrée. Le ROI suppose que le retour observé découle de l’investissement réalisé. Sur un dispositif multicanal, cette causalité relève souvent de la convention plus que de la preuve.
Cette dernière limite est la plus sous-estimée. Nous voyons régulièrement des ROI présentés avec deux décimales alors que l’attribution qui les fonde repose sur une hypothèse de travail discutable. La précision affichée crée une illusion de rigueur.

Modéliser avant de calculer : le ROI dépend d'abord du modèle
Nous abordons ici la partie que la plupart des contenus sur le ROI laissent de côté. Elle correspond pourtant à l’essentiel du travail réel.
Un ROI n’est pas une mesure. C’est le résultat d’un modèle. Pour calculer un ROI, il faut un modèle. Pour construire un modèle, il faut avoir compris le problème. Cet enchaînement explique pourquoi tant de calculs de ROI ne servent à rien : ils sautent les deux premières marches.
Modéliser signifie répondre à quatre questions avant d’ouvrir le tableur :
- Quel est le mécanisme de création de valeur ? Par quel enchaînement concret ce projet produit-il de l’argent ? Une segmentation améliorée augmente le taux d’ouverture, qui augmente le taux de clic, qui augmente les conversions. Si vous ne savez pas écrire cette chaîne, vous ne pouvez pas la chiffrer.
- Quelles variables commandent ce mécanisme ? Volume de base adressable, taux de conversion, panier moyen, taux de marge, durée de vie client. Ce sont vos leviers.
- Quelle est la situation de référence ? Le ROI mesure un écart. Sans photographie fiable de l’existant, il n’y a pas d’écart mesurable, seulement une projection dans le vide.
- Quelles hypothèses assumez-vous ? Une amélioration de deux points du taux de conversion est une hypothèse. Elle doit être écrite, datée puis assumée par quelqu’un.
C’est ce dernier point qui fait toute la valeur de l’exercice. Un modèle de ROI bien construit rend visibles les hypothèses sur lesquelles repose votre projet. Il devient alors possible de les discuter, de les tester et de les corriger. Un projet dont personne n’a explicité les hypothèses est un projet que personne ne pourra piloter.
Quel niveau de détail donner à votre modèle de ROI ?
Toutes les décisions ne méritent pas le même effort de modélisation. Nous ajustons systématiquement le niveau d’ambition du modèle à l’enjeu de la décision qu’il éclaire.
| Finalité | Niveau de modélisation | Effort à prévoir |
|---|---|---|
| Arbitrer entre deux actions marketing de faible ampleur | Ratio simple sur les coûts directs et la marge estimée | Quelques heures |
| Justifier un budget annuel auprès de la direction | Modèle par levier, avec fourchette haute et fourchette basse | Deux à trois jours |
| Décider d’un investissement MarTech structurant | Modèle pluriannuel par cas d’usage, coût complet, scénarios | Une à deux semaines |
| Piloter un dispositif déjà déployé | Modèle initial actualisé avec les données réelles observées | Récurrent, quelques heures par trimestre |
La règle est simple : le coût de la modélisation doit rester sans commune mesure avec l’enjeu de la décision. Passer trois semaines à modéliser le retour d’une opération à 15 000 euros relève du gaspillage. Engager 400 000 euros dans une refonte de Système d’Information Clients sur la foi d’un ratio griffonné relève de l’imprudence.
Un second principe guide nos arbitrages. Mieux vaut un modèle grossier dont toutes les hypothèses sont explicites qu’un modèle sophistiqué dont les hypothèses sont enfouies dans les formules. La sophistication n’ajoute de la valeur qu’à partir du moment où les variables qu’elle mobilise sont réellement mesurées.
Comment nous construisons un modèle de ROI en mission
Voici la démarche que nous appliquons chez nos clients, en six étapes :
- Identifier les cas d’usage porteurs de valeur. Nous partons toujours des cas d’usage, jamais du budget. Un cas d’usage décrit une action concrète qui produit un effet mesurable : relancer les paniers abandonnés, réactiver les clients dormants à douze mois, prioriser les leads par score d’appétence. Chacun porte son propre mécanisme de création de valeur, donc son propre ROI.
- Établir la situation de référence. Nous mesurons l’existant avant toute projection. Combien de paniers abandonnés par mois aujourd’hui ? Quel taux de récupération actuel ? Quel panier moyen sur ce segment ? Cette étape révèle souvent que les données nécessaires n’existent pas encore, ce qui constitue en soi une information de cadrage précieuse.
- Récupérer les données de marge auprès du contrôle de gestion. C’est l’étape que les directions marketing sautent le plus volontiers. Elle est pourtant décisive. Un ROI calculé en chiffre d’affaires ne convaincra jamais une direction financière. Nous travaillons systématiquement avec le contrôle de gestion pour obtenir les taux de marge par gamme, par canal ou par segment selon la granularité disponible.
- Chiffrer le coût complet. Licences, intégration, reprise de données, formation, temps interne, maintenance récurrente. Nous distinguons toujours le coût de mise en place du coût de fonctionnement annuel. Cette distinction structure la lecture pluriannuelle et fait apparaître le point de bascule.
- Construire deux scénarios plutôt qu’une prévision. Nous produisons une fourchette basse et une fourchette haute. Un chiffre unique donne une fausse impression de certitude et devient indéfendable dès que la réalité s’en écarte. Une fourchette assumée reste crédible dans la durée et permet de situer la performance observée.
- Réactualiser le modèle avec les données réelles. Le modèle initial n’est pas un document d’archive. Nous le reprenons à intervalles réguliers avec les résultats constatés. Certaines hypothèses se vérifient, d’autres se corrigent. C’est ce va-et-vient qui transforme un exercice de justification budgétaire en instrument de pilotage de la performance.
Nous avons accompagné des clients qui annonçaient un retour sur investissement à dix-huit mois et l’ont atteint en douze. D’autres ont mis plus longtemps que prévu. Dans les deux cas, le fait d’avoir posé des hypothèses écrites a permis de comprendre l’écart puis d’ajuster.

Les six domaines d'application du ROI en Relation Clients
L’approche ROIste se décline sur l’ensemble de nos domaines d’intervention. Chaque application appelle un modèle spécifique.

ROI de l'acquisition : coût d'acquisition client et point de break-even
La question n’est pas de savoir combien coûte un client, mais à quel moment il devient rentable. Le modèle rapproche le Coût d’Acquisition Client de la marge cumulée générée par ce client mois après mois. Le point de croisement est le break-even.
Cette lecture change les décisions. Une entreprise dont les clients atteignent le break-even au quatrième mois peut se permettre un CAC bien supérieur à une entreprise dont les clients l’atteignent au dix-huitième. Le CAC ne s’évalue jamais seul. En univers abonnement, ce raisonnement devient le cœur du modèle économique.
ROI de la fidélisation : LifeTime Value et valeur cumulée
La LifeTime Value mesure ce que rapporte un client sur toute sa durée de relation. Elle constitue le numérateur naturel de tout ROI portant sur la fidélisation.
Le modèle consiste à mesurer la valeur du client aux bornes de passage successives : douze mois, vingt-quatre mois, trente-six mois. Vous obtenez une courbe de valeur cumulée, que vous confrontez aux coûts engagés sur la même période. Un dispositif relationnel se juge sur l’écart entre ces deux courbes, pas sur la performance d’une campagne isolée.
ROI d'un projet CRM : coût total de possession et retour d'un dispositif
Un projet CRM ne se ramène jamais au prix des licences. Le coût total de possession (TCO) agrège les licences, l’intégration, la reprise de données, la conduite du changement, la formation puis la maintenance sur toute la durée d’exploitation. C’est ce montant qui va au dénominateur.
Au numérateur, nous additionnons les gains par cas d’usage déployé. Cette approche présente un avantage décisif au moment de la sélection de la solution : elle permet de comparer des scénarios d’outillage sur une base homogène, plutôt que de se laisser guider par le montant des licences.
Nous recommandons par ailleurs de prévoir 30 à 40 % du budget initial pour les évolutions post-déploiement. Ce poste doit figurer dans le modèle dès le départ, faute de quoi le ROI affiché en phase de cadrage ne survivra pas à la deuxième année. La réussite d’un projet CRM se joue largement sur cette anticipation.
ROI d'une CDP et des outils MarTech
Le ROI d’une Customer Data Platform pose une difficulté particulière. Une CDP ne génère pas de revenu par elle-même. Elle rend possibles des cas d’usage qui, eux, en génèrent.
Le modèle doit donc porter sur les cas d’usage rendus possibles, jamais sur la plateforme. Personnalisation d’un site, exclusion des clients récents des campagnes d’acquisition, scoring d’appétence, réconciliation des identités pour améliorer le ciblage. Chacun se chiffre séparément. Le coût de la CDP se répartit ensuite sur l’ensemble. C’est la seule façon d’obtenir un chiffre défendable.
ROI d'un programme de fidélité
Le ROI d’un programme de fidélité se heurte à un obstacle méthodologique connu : la part de récompense versée à des clients qui auraient acheté de toute façon. C’est le sujet de l’incrémentalité.
Le modèle sérieux compare le comportement des adhérents à celui d’un groupe témoin comparable. Sans ce dispositif de mesure, vous confondez la fidélité que le programme a créée avec celle qu’il a simplement récompensée. Au dénominateur figurent le coût des gratifications, la plateforme, l’animation puis le temps des équipes.
ROI de l'Intelligence Artificielle : setup, run et gain différentiel
L’IA n’échappe pas à la règle.
Elle impose simplement une structure de coûts inhabituelle, que nous décomposons en trois blocs.
- Le coût de setup. Cadrage, préparation des données, conception des prompts ou des agents, intégration au Système d’Information, recette. Ce coût est ponctuel et fréquemment sous-évalué, en particulier sur la partie données.
- Le coût de run. Consommation de tokens, abonnements aux modèles, supervision humaine, maintenance des prompts. Sa spécificité tient à sa proportionnalité au volume d’usage : contrairement à une licence CRM, il croît avec l’adoption. Un dispositif d’IA qui trouve son public voit sa facture augmenter.
- Le gain différentiel. Il se mesure contre la manière dont la tâche était accomplie hier. Temps agent économisé sur le traitement d’une demande, taux de résolution en premier contact, volume de contenus produits à effectif constant, réduction du délai de traitement.
Une question précède toutes les autres : à quel moment une approche ROIste de l’IA devient-elle légitime ? Sur un cas d’usage IA circonscrit, avec un volume connu et une tâche répétitive, le calcul est immédiat et fiable. Sur un déploiement large dont l’effet principal est une montée en compétence collective, exiger un ROI à six mois revient à mesurer la mauvaise chose.
Notre pratique consiste à privilégier des périmètres courts et mesurables. Nous menons des hackathons de quelques jours sur un problème unique, avec un avant et un après chiffrés. Le retour se démontre sur un cas concret plutôt que sur une promesse générale. Nous détaillons cette approche dans notre décryptage de l’Intelligence Artificielle.
Notre position : un ROI qui ne sert pas à décider ne sert à rien
Nous prenons parti. Un calcul de ROI produit pour habiller une décision déjà prise est une perte de temps. Nous en croisons régulièrement : le projet est arbitré, le budget est voté puis l’on demande un ROI pour la présentation en comité. L’exercice ne modifie rien.
Le ROI n’a de valeur qu’à trois conditions :
- Il doit être construit avant la décision. C’est le moment où ses hypothèses peuvent encore être discutées, où le périmètre peut encore être ajusté puis où un projet peut encore être abandonné. Un ROI produit après coup n’est plus un instrument de décision, c’est un argumentaire.
- Il doit être révisable. Un modèle figé dans une présentation de janvier ne dit plus rien en septembre. Nous reprenons les modèles avec les résultats réels et nous corrigeons ce qui doit l’être.
- Il doit accepter ses angles morts. Certains investissements se justifient sans ROI démontrable : une mise en conformité réglementaire, la réduction d’une dépendance technique, la fiabilisation d’un socle de données. Vouloir les faire entrer de force dans un modèle financier produit des chiffres inventés. Mieux vaut assumer que la décision relève d’un autre registre.
Nous sommes des Consultants Opérationnels. Nous ne nous arrêtons pas au chiffrage. Nous accompagnons le déploiement puis nous revenons mesurer ce qui a été produit. C’est cette boucle qui donne sa valeur au ROI, pas le tableur.
Ce qu'il faut retenir du calcul du ROI
- Le ROI rapporte le gain d’une opération aux sommes engagées. Sa formule tient en une ligne. Sa difficulté tient au modèle qui la précède.
- Fixez vos conventions avant de calculer. Marge ou chiffre d’affaires au numérateur, coût complet ou coûts directs au dénominateur, horizon retenu. Sans ces conventions écrites, deux équipes produiront deux résultats différents.
- Calibrez l’effort de modélisation sur l’enjeu de la décision. Un ratio simple pour un arbitrage tactique, un modèle pluriannuel par cas d’usage pour un investissement structurant.
- Partez des cas d’usage, jamais du budget de l’outil. Une CDP ou un CRM ne produisent pas de valeur en eux-mêmes. Ce sont les usages qu’ils rendent possibles qui en produisent.
- Récupérez vos taux de marge auprès du contrôle de gestion. Un ROI en chiffre d’affaires ne convaincra jamais une direction financière.
- Produisez une fourchette, pas un chiffre unique. La fourchette reste crédible quand la réalité s’en écarte.
- Assumez les angles morts. Conformité, réduction de risque, montée en compétence : certains investissements se justifient sur un autre registre que le retour financier.
- Réactualisez le modèle avec les résultats observés. Un ROI qui n’est jamais confronté au réel n’a servi qu’une fois.
FAQ sur le Retour Sur Investissement
Qu’est-ce qu’un bon ROI ?
Il n’existe pas de seuil universel. Un ROI de 1,3 sur une opération à cycle court et à faible risque peut être excellent, quand un ROI de 3 annoncé sur un projet à trois ans avec des hypothèses fragiles reste discutable. Le seuil pertinent est celui que vous fixez au regard de votre coût du capital, de vos alternatives d’investissement puis du niveau de risque assumé.
Faut-il calculer le ROI en chiffre d’affaires ou en marge ?
En marge. Le chiffre d’affaires ignore le coût des biens vendus et surévalue mécaniquement la rentabilité. Le calcul en marge exige de récupérer vos taux auprès du contrôle de gestion, ce qui demande un effort supplémentaire. C’est la condition pour que votre direction financière accepte le chiffre.
Sur quelle durée calculer le ROI d’un projet CRM ou MarTech ?
Nous raisonnons sur trois ans pour un projet structurant, avec une lecture annuelle intermédiaire. Cette durée correspond à l’horizon d’amortissement usuel d’un investissement MarTech et laisse le temps aux cas d’usage de monter en charge. Une lecture à douze mois est presque toujours défavorable, sans que cela dise quoi que ce soit de la valeur du projet.
Combien de temps faut-il pour modéliser le ROI d’un projet ?
Comptez deux à trois jours pour un modèle destiné à justifier un budget annuel. Pour un investissement structurant, avec cas d’usage détaillés, coût complet et scénarios, prévoyez une à deux semaines. Le facteur limitant est rarement la modélisation elle-même : c’est l’accès aux données de marge et la mesure de la situation de référence.
Quelles données faut-il réunir avant de commencer ?
Quatre familles de données. Vos volumes actuels sur le périmètre concerné, vos taux de conversion observés, vos taux de marge par gamme ou par canal puis le détail de vos coûts existants. Si l’une de ces familles est indisponible, cette absence constitue elle-même un enseignement de cadrage à traiter avant le projet.
Comment mesurer le ROI d’un projet d’IA ?
En distinguant le coût de setup, le coût de run proportionnel à l’usage puis le gain différentiel mesuré contre la façon dont la tâche était accomplie auparavant. Nous recommandons de commencer par un périmètre restreint, avec un avant et un après chiffrés, plutôt que de tenter d’évaluer un déploiement large.
Comment CustUp intervient-il sur la modélisation du ROI ?
Nous intégrons la modélisation du ROI dans nos missions de cadrage, en amont du choix des solutions. Nous animons les ateliers de qualification des cas d’usage, nous travaillons avec votre contrôle de gestion sur les données de marge puis nous construisons le modèle avec vos équipes. Nous revenons ensuite le réactualiser en cours de déploiement. La démarche s’inscrit dans nos missions d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage.
CustUp vous accompagne dans la modélisation du ROI de vos projets
Vous devez justifier un investissement CRM, Data ou MarTech auprès de votre direction ? Vous voulez savoir si votre dispositif relationnel produit réellement de la valeur ? Vous cherchez à cadrer le retour attendu d’un projet d’IA ?
Chez CustUp, nous améliorons la Performance Commerciale de nos clients en exploitant les Données Clients et les outils MarTech. La modélisation du retour sur investissement fait partie intégrante de nos missions de cadrage. Nous intervenons sur :
- La qualification et la priorisation des cas d’usage porteurs de valeur
- La mesure de la situation de référence et l’identification des données manquantes
- La construction du modèle économique, en lien avec votre contrôle de gestion
- Le chiffrage du coût complet des scénarios d’outillage envisagés
- La réactualisation du modèle en cours de déploiement
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Grand habitué des acronymes et des indicateurs utilisés en marketing, Antoine Coubray vous partage les connaissances acquises depuis la création de l’agence CustUp.
