Service Level Agreement (SLA) : Définition, Intérêt et Template
Imaginez un chef d’orchestre sans partition : c’est le chaos assuré dès les premières notes. Eh bien, le Service Level Agreement (SLA) joue le même rôle que cette partition. C’est lui qui définit, dès le départ, les attentes entre un fournisseur de service et son client.
Vous proposez un service informatique, du cloud ou de l’assistance ? Votre client vous demande une certaines garanties ? Le SLA va vous permettre d’instaurer un cadre clair, mesurable, tout en verbalisant ce que vous allez offrir. Le but : éviter les malentendus, les non-dits et les engagements invisibles.
Alors, qu’est-ce qu’un SLA exactement ? Pourquoi en avoir ? Quelle forme ça prend ? Et quels sont les éléments indispensables à y inclure ? Je vous explique tout dans cet article.

Découvrez ce qui se cache derrière l’acronyme SLA
Qu’est-ce qu’un Service Level Agreement (SLA) ?
La définition du Service Level Agreement (SLA) en fait un contrat, souvent formalisé dans un document, qui lie un fournisseur et un client. Ce contrat définit le niveau de service attendu, les indicateurs de performance, ainsi que les mesures correctives en cas de non-respect. Il est très utile dans un contexte de gestion de la Relation Client.
Quel est son intérêt ? Un SLA permet d’aligner les attentes entre le client et le fournisseur de services. Cela aide à éviter les incompréhensions, en renforçant la confiance mutuelle. Il sert ainsi de référence pour mesurer la performance durant toute la durée du contrat. Par exemple, le SLA peut couvrir l’uptime, le temps de réponse, le taux de résolution en cas d’incident, etc.
Le Service Level Agreement détaille aussi les actions à entreprendre en cas de non-respect des engagements (crédits de service, pénalités, restitution partielle, etc.) .
En bref, le SLA décrit :
- Le service fourni (quoi, comment, à qui et quand)
- Les indicateurs de performance (SLO, SLI et autres KPI)
- Les modalités de suivi (comment les données sont collectées et reportées)
- Et les sanctions en cas de manquement (clauses de pénalité ou de résolution)
Quelle est la traduction de Service Level Agreement en français ?
Le terme Service Level Agreement (SLA) se traduit en français par « accord de niveau de service » ou « engagement de niveau de service ». Il désigne donc le document contractuel qui formalise les engagements pris entre un fournisseur de services (interne ou externe) et son client, en précisant les niveaux de service attendus (temps de réponse, disponibilité, résolution d’incidents, etc.).
Notez l’intérêt du mot “accord” : on est dans un cadre mutuel, où les deux parties définissent ensemble ce qui est acceptable et mesurable.
Quelle est la différence entre SLO, SLI et SLA ?
Ces trois acronymes sont souvent utilisés ensemble dans les environnements techniques (SaaS, cloud, ITSM), mais ils n’ont pas la même fonction. Voici comment les distinguer :
- SLA (Service Level Agreement) : c’est le document contractuel global, qui encadre les attentes entre fournisseur et client. Il contient des objectifs, des seuils, des métriques, des pénalités éventuelles, etc.
- SLO (Service Level Objective) : il s’agit d’un objectif précis à atteindre dans le cadre du SLA. Exemple : “99,9 % de disponibilité mensuelle du service”.
- SLI (Service Level Indicator) : c’est la métrique brute, l’indicateur de performance réellement mesuré. Exemple : “Le service a été disponible 43 000 minutes sur 43 200 ce mois-ci”.
Pourquoi il vous faut mettre en place un SLA ?
Vous pourriez penser que le SLA est un simple document de plus à ranger dans un dossier juridique. En réalité, c’est un outil stratégique, aussi bien pour le fournisseur que pour ses clients. Je vous résume toutes les bonnes raisons d’en utiliser un (si vous êtes un prestataire de services ayant à cœur la satisfaction de vos clients).
Raison n°1 : Clarifier les attentes dès le départ
Un SLA permet d’éviter bien des malentendus. Il formalise noir sur blanc ce que le client peut attendre, et ce que le fournisseur s’engage à livrer : niveau de disponibilité, temps de réponse, plages horaires de support, etc. C’est un cadre commun, partagé et transparent.
Raison n°2 : Structurer la relation fournisseur-client
Dans les environnements techniques complexes (infogérance, SaaS, cloud, services managés), les responsabilités peuvent vite se brouiller. Le SLA définit qui fait quoi, dans quel délai, et selon quelles conditions. Cela permet d’instaurer une relation professionnelle et mesurable.
Raison n°3 : Suivre la qualité de service dans le temps
Le SLA contient des KPI clés : disponibilité du service, taux de résolution, temps moyen de réponse, etc. Ces indicateurs permettent de mesurer la performance réelle du fournisseur et d’identifier les éventuels écarts. C’est un outil de pilotage, utile pour les deux parties.
Raison n°4 : Protéger les deux parties
Le client est protégé par des engagements formels : en cas de non-respect, des clauses compensatoires peuvent être prévues. Le fournisseur, lui, évite les demandes excessives ou floues grâce à un cadre clair, et peut démontrer objectivement sa qualité de service.
Raison n°5 : Intégrer le SLA dans une stratégie plus large
Dans une approche Customer Success ou Customer Data Platform, le SLA est un point de contact contractuel qui s’intègre à un ensemble plus large : gestion de la satisfaction, suivi des incidents, amélioration continue.
Les différents types de SLA
Il n’existe pas un seul type de SLA, mais plusieurs formes selon la structure du service, le contexte technique et les besoins métiers. Voici les trois grands modèles reconnus (notamment dans le secteur informatique).
1 - Le SLA basé sur le service (Service-based SLA)
Ce type d’accord concerne un service unique, proposé à tous les clients de manière identique. Exemple : un fournisseur de cloud garantit une disponibilité de 99,9 % sur son service de stockage à l’ensemble de ses clients.
- Avantages : facile à gérer, standardisé.
- Limites : peu de personnalisation, pas adapté aux clients ayant des exigences spécifiques.
2 - Le SLA basé sur le client (Customer-based SLA)
Ce modèle est personnalisé pour un client spécifique, en prenant en compte l’ensemble des services qu’il utilise. Exemple : une entreprise B2B bénéficie d’un SLA unique regroupant la gestion de son CRM, de son hébergement et de son support.
- Avantages : plus précis, plus proche des besoins réels.
- Limite : plus complexe à suivre et à maintenir dans la durée (surtout si vous avez de nombreux clients en parallèle).
3 - Le SLA à niveaux multiples (Multi-level SLA)
Ce type de SLA fonctionne par couches, pour combiner des engagements globaux et spécifiques en même temps. Exemple de structure :
- Niveau 1 (corporate) : engagement global pour tous les clients (ex. support joignable 6j/7)
- Niveau 2 (client) : engagements propres à un client (ex. support dédié)
- Niveau 3 (service) : engagements liés à un service donné (ex. monitoring 24/7 pour un serveur critique)
- Avantages : extrêmement modulable, scalable.
- Limite : nécessite une gestion très rigoureuse.
Notez que ces 3 modèles ne sont pas exclusifs : une entreprise peut très bien combiner plusieurs approches selon la nature de ses services et le profil de ses clients.
Voyons les principales composantes d’un SLA
Un bon SLA n’est pas (seulement) un contrat juridique. C’est un document opérationnel, pensé pour cadrer la relation et servir de base au pilotage. Voici les éléments-clés à y inclure.
1 - Description du service
C’est le socle du SLA. Il s’agit de décrire précisément ce qui est fourni :
- Quelles sont les fonctionnalités ?
- Quelles sont les limites du service ?
- Qu’est-ce qui est inclus / exclu du périmètre ?
Par exemple : “hébergement web avec 100 Go d’espace, sauvegarde quotidienne, restauration à J-1 incluse.”
2 - Indicateurs de performance (SLI) et objectifs (SLO)
Chaque SLA doit préciser ce qu’on mesure (SLI) et les seuils cibles (SLO). Par exemple :
- Disponibilité du service : 99,95 % mensuel
- Temps de réponse du support : < 2h sur jours ouvrés
- Taux de résolution au premier contact : 85 %
Ces données doivent être objectives, mesurables et vérifiables.
3 - Procédures d’escalade et de support
Que se passe-t-il en cas d’incident ? Qui contacter ? Comment ? Et sous quels délais ?
Le SLA doit indiquer :
- Les plages horaires de support (24/7, J+1, etc.)
- Les canaux disponibles (mail, téléphone, portail client)
- Les délais de réponse et de résolution cibles
4 - Clauses de pénalité ou compensation
En cas de non-respect du SLA, des compensations peuvent être prévues :
- Crédits de service
- Révision du contrat
- Remboursements partiels
Objectif : inciter à la performance sans entrer dans une logique punitive.
5 - Modalités de revue et d’évolution
Un SLA n’est pas figé. Il doit prévoir une périodicité de révision (trimestrielle, semestrielle, annuelle) pour être aligné avec l’évolution des usages, des outils ou des attentes client.
Voici un template de Service Level Agreement
Vous souhaitez structurer votre propre SLA, mais ne savez pas par où commencer ? Voici une trame simple et adaptable, en 8 points, qui vous servira de base.
1 – Présentation des parties
- Fournisseur : [Nom de l’entreprise, contact référent]
- Client : [Nom de l’entreprise, contact référent]
2 – Objectif du SLA
- Cadre de collaboration, niveau de qualité attendu, services concernés.
3 – Description des services
- Liste détaillée des prestations fournies (avec éventuellement la liste de ce qui est exclut du contrat).
4 – Indicateurs de performance (SLI) et objectifs (SLO)
- Tableau synthétique avec :
- Indicateur
- Méthode de calcul
- Objectif cible
- Fréquence de mesure
5 – Engagements de support
- Horaires
- Délai de réponse
- Niveau d’escalade
6 – Pénalités / compensations
- Modalités d’application
- Forme (réduction, crédit, suspension du contrat, etc.)
7 – Processus de révision
- Fréquence
- Acteurs impliqués
8 – Annexes
- Glossaire
- Outils de suivi
- Coordonnées-clés
Ce modèle peut être enrichi selon la complexité de vos services ou la maturité de vos clients. Le plus important est d’être clair et précis.
Vous l’avez compris, un Service Level Agreement (SLA) est bien plus qu’une simple formalité contractuelle à remplir. Bien rédigé, un SLA agit comme une boussole opérationnelle, qui guide vos équipes et rassure vos clients. Mais encore faut-il le construire intelligemment : avec des données concrètes, des indicateurs clairs et une vision partagée des enjeux business.
Vous souhaitez structurer vos services autour de SLAs performants, ou revoir vos accords actuels pour mieux les aligner avec vos objectifs ? Contactez nos experts pour cadrer vos engagements et construire une Relation Client qui tient ses promesses.

Antoine Coubray anime et gère la relation entre les consultants CustUp et les entreprises que nous accompagnons. Alors les SLA, ça le connait ! Il connait aussi plein d’autres acronymes et sigles utilisés dans la gestion de projet, la Relation Client et les MarTech.